Reflection

Asie-Pacifique – Le chemin de la conversion écologique

Abstract

Ces dernières semaines, la nécessité d'une action urgente pour répondre à la crise climatique est devenue encore plus impérieuse. Il y a deux semaines, le Programme des Nations unies pour l'environnement a publié son rapport sur le déficit d'émissions pour 2022. L'une de ses conclusions indiquait que "sans action supplémentaire, les politiques actuelles conduiront à un réchauffement de la planète de 2,8°C au cours de ce siècle."

Ces dernières semaines, la nécessité d'une action urgente pour répondre à la crise climatique est devenue encore plus impérieuse. Il y a deux semaines, le Programme des Nations unies pour l'environnement a publié son rapport sur le déficit d'émissions pour 2022. L'une de ses conclusions indiquait que "sans action supplémentaire, les politiques actuelles conduiront à un réchauffement de la planète de 2,8°C au cours de ce siècle."

Le message général du rapport est le suivant : "La communauté internationale est loin d'atteindre les objectifs de Paris, et aucune voie crédible pour atteindre 1,5°C n'est en place. Seule une transformation urgente à l'échelle du système peut éviter une catastrophe climatique." Dans le même temps, plusieurs autres rapports affirmaient que nous manquerons très probablement la barre des 1,5°C, que d'ici une dizaine d'années, nous franchirons cette limite qui définissait ce qui était sûr pour nous tous. Ainsi, alors que la COP27 a débuté en début de semaine à Sharm el-Sheikh, en Égypte, on espère, une fois de plus, que les dirigeants mondiaux agiront de manière plus décisive pour réduire de manière drastique les émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Face à cette situation, l'appel à la conversion écologique est devenu plus urgent. Mais comment définir exactement la conversion écologique ? À quoi ressemble la conversion écologique ? Comment savoir si nous sommes sur la voie de la conversion ?

La première fois que le terme "conversion écologique" a été utilisé, c'était peut-être lors d'une audience générale du pape Jean-Paul II en 2001, qui a déclaré : "Nous devons donc encourager et soutenir la "conversion écologique" qui, au cours des dernières décennies, a rendu l'humanité plus sensible à la catastrophe vers laquelle elle s'est dirigée. L'homme n'est plus l'"intendant" du Créateur, mais un despote autonome, qui commence enfin à comprendre qu'il doit s'arrêter au bord de l'abîme."

Malheureusement, plutôt que de ralentir, nos pratiques destructrices se sont encore intensifiées. Ainsi, en 2015, le pape François écrivait dans Laudato Si' que "la crise écologique est aussi une convocation à une profonde conversion intérieure....". Ainsi, ce dont ils ont tous besoin, c'est d'une 'conversion écologique', par laquelle les effets de leur rencontre avec Jésus-Christ deviennent évidents dans leur relation avec le monde qui les entoure." À travers ces deux citations, nous voyons un processus en deux étapes : tout d'abord, une prise de conscience plus profonde des crises sociales et écologiques et de notre rôle dans celles-ci, et par le don de la grâce de Dieu, un voyage de conversion est initié, nous conduisant, nous l'espérons, vers un plus grand sens de l'attention et de l'action.

À des degrés divers, la plupart d'entre nous font déjà ce qu'ils peuvent pour aider. En faisant le point sur nous-mêmes et sur nos pratiques, nous pouvons nous demander si le fait de passer aux ampoules LED est déjà un signe de conversion écologique. Que diriez-vous de refuser d'utiliser des pailles en plastique ou des bouteilles d'eau en plastique à usage unique ? Si j'échange ma voiture à essence contre une voiture électrique, cela signifie-t-il que je fais partie des convertis ?

L'une des façons de reconnaître la conversion écologique est d'opérer trois transitions caractéristiques. La première consiste à considérer chaque créature comme un sujet plutôt que comme un simple objet. Chaque créature a sa propre valeur inhérente qui vient de Dieu, ce qui rend chaque créature digne de notre respect. Cela nous éloigne d'un anthropocentrisme malencontreux qui nous donne l'impression erronée que nous sommes libres de décider quelles créatures ont de la valeur et lesquelles n'en ont pas.

Deuxièmement, il faut comprendre et reconnaître l'interdépendance de toute la création bien plus que l'indépendance de chaque créature. Pendant trop longtemps, nous avons compris la création comme une simple collection de parties distinctes et nous avons sous-estimé la façon dont chaque créature soutient le grand système de la vie. Notre tendance analytique à démonter les choses et à ne pas voir le tout synthétique est l'une des principales raisons pour lesquelles nous ne semblons pas savoir comment prendre correctement soin de la création.

Troisièmement, et enfin, il faut mettre l'accent sur le soutien communautaire et pas seulement individuel. La résilience dépend de communautés diverses mais cohésives plutôt que d'individus isolés, aussi forts soient-ils. Ce sens de la communauté inclut certainement toutes les autres créatures, comme le fait saint François avec le frère soleil et la sœur lune.

Ces transitions ne sont pas faciles mais nécessaires à la conversion écologique. Cependant, les petites actions, comme dire non aux plastiques à usage unique, ne sont pas dénuées de sens, surtout lorsqu'elles sont adaptées à de nombreuses institutions et communautés. Ainsi, la conversion écologique ne se fait pas d'un seul coup, mais est un chemin tracé par étapes. La première étape, la plus facile, consiste en des changements rapides et des actions simples, comme l'adoption d'ampoules LED économes en énergie. Mais la qualité de nos modes de vie reste généralement inchangée. La deuxième étape implique une meilleure compréhension de la situation, au niveau de l'esprit. On investit davantage de temps et d'énergie dans des actions concrètes. Cependant, le sentiment d'aliénation et de marchandisation de la nature reste plus ou moins le même. Enfin, la troisième étape se déroule dans notre cœur, lorsque tous les autres sont traités avec le respect qui leur est dû, lorsqu'il y a communion et même affection pour toutes les créatures de Dieu. Il y a une générosité et une volonté de sacrifier ce que l'on a pour le bien-être de l'autre.

En définitive, la conversion écologique est vraiment un don, une grâce donnée par Dieu. Mais notre tâche est de garder nos cœurs ouverts et de mendier cette grâce. Il est certain que nous aurons tous besoin d'une certaine forme de conversion écologique, notamment pour répondre aux crises climatique et écologique. Que le Seigneur nous renforce et nous guide, quoi que l'avenir nous réserve.

Source: jcapsj.org

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