Reflection

Une société sans violence exige une réponse unie de la part de toute la communauté : Saint Ignace de Loyola, un modèle

Abstract

Cet épisode de l'autobiographie de saint Ignace est particulièrement pertinent aujourd'hui, le 2 octobre, alors que nous célébrons la Journée internationale de la non-violence. Ce qu'Ignace a fait cette nuit-là, c'est agir comme un "Upstander", c'est-à-dire qu'il n'a pas tourné le dos à l'épisode de violence contre ces deux femmes, mais au contraire, il a rompu le silence et a protégé les victimes. Cette action courageuse a facilement empêché de nouvelles agressions contre les deux femmes.

Le chapitre IV, numéro 38, de l'Autobiographie de saint Ignace de Loyola raconte son arrivée à Gaète en provenance de Barcelone en 1523. Il est rejoint par une mère et sa fille, elles aussi mendiantes. À minuit, dans la maison où ils se trouvaient, Ignace entendit de grands cris provenant de l'endroit où les deux femmes se reposaient. Il se leva pour voir ce que c'était et vit les femmes dans la cour en train de pleurer, "se lamentant que les hommes voulaient les forcer". Ignace de Loyola ne resta pas le même : "Il sentit un si grand élan qu'il se mit à crier en disant : "Faut-il souffrir cela ? "Ce comportement d'Ignace de Loyola fit fuir les hommes qui le harcelaient.

Cet épisode de l'autobiographie de saint Ignace est particulièrement pertinent aujourd'hui, le 2 octobre, alors que nous célébrons la Journée internationale de la non-violence. Ce qu'Ignace a fait cette nuit-là, c'est agir comme un "Upstander", c'est-à-dire qu'il n'a pas tourné le dos à l'épisode de violence contre ces deux femmes, mais au contraire, il a rompu le silence et a protégé les victimes. Cette action courageuse a facilement empêché de nouvelles agressions contre les deux femmes.

Dans la littérature scientifique, ce type de comportement est considéré comme essentiel pour contribuer à l'élimination de différents types d'abus. La recherche scientifique nous montre que : a) le problème de la maltraitance est universel, se produit dans tous les contextes et a des racines sociales - ce qui est également indiqué dans la deuxième Préférence Apostolique Universelle 2 - et b) vaincre la maltraitance nécessite le positionnement des pairs et de toutes les personnes de la communauté, indépendamment de l'auteur de la maltraitance.

La stratégie consistant à impliquer et à positionner l'ensemble de la communauté en tant qu'observateurs est l'un des trois facteurs communs aux programmes éducatifs dont il a été démontré, au niveau international, qu'ils contribuent à l'élimination de la violence à l'encontre des enfants et à la création d'une culture de la protection. 

Si la victime est laissée seule, l'abus continue. La même chose se serait produite cette nuit-là si Ignace de Loyola avait décidé d'ignorer ce qui se passait dans une autre pièce de la maison. En revanche, si les victimes peuvent compter non pas sur une seule personne, mais sur tout un réseau de solidarité courageuse au sein de leur communauté et de leur institution, il y a beaucoup plus de chances qu'elles se manifestent. C'est ainsi qu'elles peuvent passer du statut de victimes à celui de survivantes. Pour que cela se produise, il est donc nécessaire non seulement de protéger les victimes directes des différents types de violence, tels que les abus, les brimades, etc. Les institutions qui incluent dans leurs protocoles et politiques de lutte contre les abus non seulement des mécanismes de solidarité avec les victimes, mais aussi des mesures visant à protéger ceux qui décident courageusement de briser le silence et de les soutenir, sont plus à même, si ces protocoles sont appliqués dans les interactions quotidiennes, de contribuer à l'élimination de la violence.

En cohérence avec cette évidence scientifique, la stratégie globale de la Compagnie de Jésus pour contribuer à l'élimination de la violence, le projet Promouvoir une culture cohérente de protection (PCCP), a depuis le début une approche basée sur la communauté et prend maintenant des mesures qui renforceront cette dimension dans la formation et l'entraînement au niveau mondial. Grâce à des politiques, des protocoles et des formations développés dans toutes les provinces, régions et réseaux de la Compagnie de Jésus dans le monde, le PCCP contribue au développement d'une nouvelle culture de relations humaines de qualité qui nous rapproche du monde sans violence dont nous rêvons, pour lequel nous travaillons et que nous commémorons aujourd'hui.

Sandra Racionero-Plaza, PhD

4e scientifique dans le domaine de la sauvegarde (Google scholar)
Coordinatrice adjointe de projet
Promotion d'une culture de protection cohérente (PCCP)
Secrétariat jésuite pour la justice sociale et l'écologie (SJES)

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Les points de vue, réflexions et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur(s) auteur(s) et ne peuvent être considérés comme reflétant les points de vue ou la position officielle du Secrétariat.

Publié par SJES ROME - Coordinateur de la communication in SJES-ROME
SJES ROME
Le SJES est une institution jésuite qui aide la Compagnie de Jésus à développer la mission apostolique, par sa dimension de promotion de la justice et de la réconciliation avec la création.