La démocratie est-elle en crise ? Vers une démocratie substantielle
Bien qu’il ait été rédigé à une époque où le contexte technologique était différent, l’article du père Arsène Brice Bado aborde directement de nombreuses questions auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, à l’ère de l’intelligence artificielle. En examinant les tensions entre les institutions démocratiques, la participation citoyenne, les mouvements sociaux et le bien commun, il ouvre la voie à une réflexion sur l'émergence de nouvelles formes de pouvoir et sur la façon dont les sociétés peuvent y répondre. Alors que les systèmes d’IA façonnent de plus en plus la vie publique et influencent la prise de décision collective, la vision d'une démocratie plus participative et plus substantielle proposée par Bado nous invite à réfléchir à la manière dont la technologie peut être régulée afin de promouvoir la justice, l’inclusion, la responsabilité et la dignité humaine.
Nous invitons les lecteurs à se pencher sur cette réflexion antérieure, qui constitue un précieux point de départ pour discerner comment la démocratie pourrait évoluer face aux opportunités et aux risques de l’IA, et comment une citoyenneté engagée peut contribuer à garantir que le progrès technologique reste au service des personnes et du bien commun.
Introduction
Le contexte sociopolitique des sociétés postindustrielles semble rimer avec une antidémocratie. En effet, pour nombre d’ auteurs tels que Ronald Inglehart (1977), (Chagnollaud, 2010, pp. 203-205) Martine Barthélémy (2000), Samuel Barnes et Max Kaase (1979), le désintérêt des citoyens pour les pratiques démocratiques (vote, militantisme partisan, etc.), s’explique par le changement de valeurs qui s’opère dans les sociétés postindustrielles, passant ainsi des valeurs matérialistes liées aux aspects matériels du bien-être et de la sécurité de la vie, à des valeurs post-matérialistes privilégiant plutôt l’individu, son identité, son bienêtre personnel, bref, sa qualité de vie.
Ce changement a été rendu possible, entre autres, non seulement grâce au développement de l’éducation, à l’innovation technologique, à la croissance économique favorisant une amélioration des conditions de vie, mais aussi par la reconnaissance et la promotion des droits individuels. Pierre de Lauzan qualifie ces changements d’émergence d’une « anthropologie nouvelle » se caractérisant par « une reconnaissance de la dignité de l’homme, une confiance dans sa liberté et son autonomie de choix, une tolérance plus grande, des chances plus égales, etc. » (2011, p. 95).
Ces changements socioculturels ne sont pas sans conséquence pour la politique, en général, et pour la démocratie, en particulier. Car la valorisation des valeurs individuelles s’est faite en opposition aux sources traditionnelles d’autorité (1999, p. 226). Anthony Giddens caractérise cette situation d’institutionnalisation du doute radical, de sorte que désormais toutes les sources d’autorité sont contestées (1991, p. 3). Dans ce contexte, l’État, les partis politiques et autres institutions représentatives assurant la médiation de l’autorité sont également contestés sinon désaffectés. Ce qui est valorisé aujourd’hui, semble être les formes politiques de participation directe tels que les nouveaux mouvements sociaux, les groupes d’intérêt, etc., autant de nouveaux acteurs dont l’identité ainsi que les actions ne semblent guère rassurer ni le fonctionnement du jeu et des institutions démocratiques « traditionnelles », ni les penseurs de la démocratie.
Dès lors, on peut s’interroger si la démocratie survivra au contexte des sociétés postmatérialistes. Si la question est légitime, ses réponses sont loin de faire l’unanimité parmi les analystes politiques. Dans une approche dialectique, nous montrerons que pour les uns, la démocratie est menacée (1), pour d’autres, au contraire, elle manifeste des signes de vitalité (2). Nous conclurons en montrant que la démocratie est plutôt en transformation tant dans sa conception que dans ses pratiques et, par conséquent, son évaluation devrait désormais intégrer de nouveaux éléments (3).
La désaffection des institutions et des pratiques démocratiques par de citoyens de plus en plus critiques
La démocratie se trouve mise en difficulté dans les sociétés contemporaines par le cynisme grandissant à l’endroit des institutions, des gouvernements et des élites politiques. Ce cynisme est l’œuvre de ce que Pippa Norris a appelé « citoyens critiques » (Critical Citizens) (1999) ou ce que Pierre Rosanvallon a appelé « le peuple juge » (2006, pp. 22, 199-255). Il s’agit d’un type de citoyen avec une plus grande exigence de transparence. Ceci explique, en partie, le déclin du soutien aux élites politiques qui passent difficilement les « tests de transparence » en matière de gestion. En effet, au cours de ces deux dernières décennies, plusieurs « hommes d’État [ont été] éliminés par une succession ininterrompue de scandales » (Castells, 1999, pp. 401-412). Le scandale est devenu une puissante arme que des citoyens, des groupes d’intérêts et surtout des médias utilisent contre les élites politiques, ce qui a fini par les discréditer (Castells, 1999, p. 401), (Norris P. , 2011, pp. 169-187). Les études empiriques et statistiques (Dalton R. , pp. 62-66) confirment la baisse drastique de la confiance des citoyens envers les élites politiques qu’ils considèrent ne pas être en mesure de les représenter adéquatement. De fait, outre les scandales, les élites politiques n’échappent guère à la loi d’airain de l’oligarchie (Larry & Gunther, 2001, p. xii). Dans ce contexte, la démocratie représentative semble à beaucoup ne plus être tant le régime fondé sur la souveraineté du peuple qu’un type d’organisation consacrant le pouvoir des élites.
Les gouvernements démocratiques ne jouissent pas d’un meilleur soutien que les élites politiques. M. Crozier, S. Huntington et J. Watanuki évoquaient déjà en 1975 une « crise des démocraties » occidentales qui s’exprimait essentiellement par l’incapacité des États et des gouvernements à faire face à l’ensemble des demandes sociales qui leur étaient transmises, ce qui engendrait une remise en question de leur légitimité fonctionnelle (Crozier, Huntington,
& Watanuki, 1975). Russells Dalton (2005), Pippa Norris (1999, pp. 66-69), (2011, pp. 104-107), Susan Pharr et Robert Putnam (2000, pp. 52-73) ont montré par des études empiriques et quantitatives comment le soutien aux institutions démocratiques est en déclin dans tous les pays industrialisés et cela, au moins, depuis les années 1980.
Parmi les institutions démocratiques, les partis politiques semblent être les plus menacés. Ils s’adaptent difficilement sinon très lentement aux changements sociaux culturels intervenus dans les sociétés contemporaines.Les partis politiques voient leur rôle de médiation s’amenuiser auprès des citoyens. Les fonctions d’information et d’éducation politiques des citoyens leur échappent de plus en plus au profit des mass médias. Car, la majorité des citoyens dans les sociétés contemporaines jouissent d’un niveau de scolarisation suffisamment élevé pour leur permettre de s’informer par eux-mêmes en choisissant leurs sources d’information politique. Dès lors, les citoyens recourent souvent aux mass-médias dont l’internet pour s’informer et se former une opinion sur les questions et enjeux politiques. Cela ne signifie pas nécessairement que les citoyens sont mieux informés politiquement qu’avant (Norris P. , 2011, pp. 142-168)[1]. Car, comme Pascal Perrineau le note à juste titre, « multiplier les sources d’information n’accroît pas les capacités cognitives des individus » (2003, p. 260).
Quoiqu’il en soit, les partis perdent une partie de leur influence sur les citoyens, ce qui est dommageable pour la participation démocratique (Dalton, Wattenberg, & (eds), 2000, p. 10). De même, d’autres fonctions (Larry & Gunther, 2001, p. xiv), (Dalton, Wattenberg, & (eds), 2000, pp. 5-10) « traditionnellement » dévolues aux partis politiques telles que la mobilisation des électeurs, la structuration des choix des candidats en rapport aux enjeux politiques, la représentation de différents groupes sociaux, l’agrégation d’intérêts particuliers en programme politique de gouvernement, etc., sont désormais partagées par d’autres acteurs et notamment par les mouvements sociaux, des organisations de mouvements sociaux, et surtout par des groupes d’intérêt.Ceci conduit à une remise en cause, d’une part, de la primauté des partis politiques en tant qu’instance agrégeant les préférences des citoyens et, d’autre part, des fidélités électorales. Ils deviennent désormais des « partis sans partisans » le titre de l’ouvrage de R. J. Dalton et M. P. Wattenberg. Une grande proportion des rares citoyens qui sont encore affiliés officiellement aux partis se contente de ce que Putnam a qualifié de « participation basée sur le chéquier » (2000, p. 40).
Finalement, c’est le fonctionnement du système démocratique classique qui est remise en cause par l’émergence d’une politique contestataire (contentious politics) qui est de nature « épisodique plutôt que continue, se déroule en public, suppose une interaction entre des requérants et d’autres, est reconnue par ces autres comme pesant sur leurs intérêts, et engage le gouvernement comme médiateur, une cible ou un requérant » (McAdam, McCarthy, & Zald, 1996, p. 5). La politique contestataire dont les principaux agents sont les mouvements sociaux[2] projette dans l’espace public des revendications à caractère radical, utopiste, identitaire, remettant en cause le statut et les fondements hiérarchiques à la base du fonctionnement du système démocratique classique.
L’attachement des citoyens aux principes démocratiques et aux communautés démocratiques n’a pas faibli
Les thèses optimistes sur la vigueur de la démocratie et de son avenir dans les sociétés contemporaines reposent essentiellement sur une reconceptualisation du soutien politique. L’ouvrage, Critical Citizens: Global Support for Democratic Government, de Pippa Norris et ses co-auteurs en est la meilleure illustration.Leur effort de reconceptualisation prend appui sur les travaux de David Easton qui distingue trois dimensions du concept de “soutien politique” (Easton, 1965), (Norris P. (., 1999, p. 9) à savoir le soutien pour la communauté politique (fierté nationale, patriotisme), le soutien pour le type de régime (démocratique, dictatorial, etc.), et le soutien pour les autorités politiques (élites politiques). Norris et al., reprennent les idées d’Easton tout en les élaborant davantage et distinguent cinq dimensions du concept de soutien politique : 1) pour la communauté politique, 2) pour les principes du régime, 3) pour la performance du régime, 4) pour les institutions du régime, et 5) pour les autorités politiques. La décomposition du concept de « soutien politique » en cinq dimensions permet un meilleur diagnostic du malaise démocratique. Norris et ses co-auteurs ont montré par des analyses quantitatives comparatives que la démocratie comme type de régime politique jouit d’un important soutien des populations qui la préfèrent à toute autre forme de régime (1999, p. 43). En outre, dans la totalité des pays démocratiques, les populations affichent leur satisfaction d’appartenir à une communauté politique nationale démocratique (1999, pp. 4142). Pour Norris et ces co-auteurs, ce qui est source d’insatisfaction, ce sont plutôt les institutions politiques (partis, gouvernements, assemblées nationales, etc.), les autorités politiques (gouvernants, leadeurs de partis politiques, etc.) ainsi que le fonctionnement et la performance des gouvernements démocratiques contemporains. Mais cette insatisfaction est plutôt signe d’une vitalité et d’un intérêt renouvelé pour les principes démocratiques.Les citoyens désapprouvent le fait que l’idéal démocratique n’est pas vécu. Ainsi, les « citoyens critiques » ne seraient pas des « antidémocrates », mais des « démocrates insatisfaits ».
Quant au contexte socioculturel des sociétés contemporaines qui serait défavorable à la démocratie, Ronald Inglehart conteste que les valeurs post-matérialistes soient antidémocratiques. Pour lui, la post-modernisation érode l’autorité, mais accroit le soutien pour la démocratie en tant que type de régime (1999, p. 236). Nous convenons avec lui que les politiques contestataires des mouvements sociaux ont convergé, malgré tout, à plus d’un titre avec celui de la démocratie participative et substantielle. On peut penser aux demandes relatives à l’introduction de nouvelles valeurs et de nouveaux thèmes dans l’espace public en référence au genre, au corps, à la santé, à l’environnement, à la reconnaissance des diversités ethniques et culturelles, portées par les nouveaux mouvements sociaux.
« La politique à l’âge de la défiance » des sources d’autorités telles que l’État et les partis politiques, n’est pas anti-démocratique. Car, les « individus » sont disposés plus que jamais à faire irruption dans l’espace public même si c’est au nom de leurs intérêts personnels. La présence accrue des acteurs sociaux dans l’espace public a permis, à plusieurs égards, d’attirer l’attention de l’opinion publique sur des injustices sociales qui étaient auparavant ignorées ou négligées.De ce fait, on a pu prendre la mesure de l’importance accrue de la diversité et du pluralisme social et culturel, autant de choses qui participent à l’idée de démocratie.
Conclusion : Nous assistons à une transformation de la démocratie et de ses pratiques
Les auteurs qui défendent les thèses de la vitalité de la démocratie ont bien montré que les sociétés contemporaines sont encore fortement attachées à l’idéal démocratique et préfèrent de loin le régime démocratique par rapport à tout autre type de régime politique. Elles exhibent également leur fierté d’appartenir à une communauté démocratique. Cependant, dans quelle mesure la crise des institutions politiques, la perte de confiance envers les responsables politiques ainsi que les dysfonctionnements des gouvernements démocratiques épargneraient l’idéal et les principes démocratiques ?
Renvoyant dos à dos les thèses du déclin et de la vitalité de la démocratie dans les sociétés contemporaines, nous posons l’hypothèse qu’il existe un malaise dans la démocratie, voire un besoin de transformation et d’adaptation de la démocratie aux changements socioculturels intervenus dans la postmodernité. Concrètement, il convient de repenser d’un côté la démocratie à travers son système de représentation et de participation, et de l’autre, les actions des nouveaux acteurs telles les organisations de la société civile organisée à travers un processus d’institutionnalisation et de constitutionnalisation afin de faciliter leurs interactions dans le système politique et démocratique.
Comme nous l’avons montré, les groupes d’intérêt assurent ou prétendent assurer une forme de représentation des intérêts de leurs membres.Il est donc important que la représentation politique soit désormais élargie au-delà de la représentation partisane pour inclure la représentation associative.
Il en est de même de la participation démocratique qui ne devrait plus être limitée aux partis politiques et qui devrait intégrer désormais la participation associative qui est quasiquotidienne. En fait, la participation des organisations de la société civile au politique conteste l’idée que la participation politique se limiterait à la participation électorale partisane de sorte que, une fois élus, les gouvernants avaient les mains libres pour initier les politiques de leur choix sans l’interférence des citoyens (Schumpeter, 1990), (Huntington, 1968). L’implication des citoyens dans la vie politique à travers les associations oriente plutôt vers une démocratie substantielle avec une participation citoyenne plus grande et plus régulière. Cette forme de participation démocratique « se pratique sur une base quotidienne et de nombreuses manières : lobbying pour ou contre les décisions des organismes publics, par le biais de toute une gamme d’organisations, par la tenue de référendums et même en assumant des fonctions et des rôles qu’on pensait naguère être de la responsabilité exclusive d’un gouvernement central » (Suleiman, 2003, p. 380).
Mais cet élargissement de la démocratie substantielle n’aurait de sens que si parallèlement les nouveaux acteurs de l’espace public s’engagent dans un processus d’institutionnalisation sur le plan organisationnel, et de constitutionnalisation sur le plan règlementaire. Car, si la politique et notamment la démocratie consistent en une reconnaissance de la diversité des acteurs et à l’intégration de leurs différences sur la base de compromis provisoires, il importe alors que ces nouveaux acteurs obéissent à un certain encadrement. Les syndicats, par exemple, qui sont des groupes d’intérêt anciens sont mieux institutionnalisés, ce qui les rend plus responsables dans l’encadrement de leurs membres, mais aussi dans le respect des règles démocratiques. Les nouveaux groupes devraient alors inscrire leurs actions dans un cadre légal, ou tout au moins légitime, afin d’assurer une certaine transparence à leurs actions dans l’espace public.La démocratie étant aussi un état de droit, ce ne serait pas contraire à la pratique démocratique que de produire des lois et règlementations afin de gérer au mieux l’incertitude des interventions des groupes dans l’espace public.
Plus fondamentalement, c’est la politique elle-même qu’il faut repenser. Le « citoyen critique » de Norris ou le « peuple-juge » de P. Rosanvallon (2006) sont peut-être à la quête d’un autre idéal politique. Car, en dernière analyse, c’est un type d’organisation du politique historiquement daté qui est en cause. Il a été longtemps inconcevable de penser le politique en dehors de l’État, de ses institutions et de son territoire contrôlé par le biais d’un ensemble de frontières et d’instruments normatifs. Il est temps de redécouvrir le politique autrement.
Somme toute, si à la faveur de l’expansion des droits politiques l’émergence d’une démocratie substantive semble bousculer le fonctionnement de la démocratie procédurale, il n’y a pas lieu de craindre pour la survie de la démocratie. Les nouveaux mouvements sociaux, les groupes d'intérêt et, plus largement, la société civile organisée, offrent des signes indéniables de renouvellement des forces politiques au sein des régimes démocratiques.
Original français
Bibliographie
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[1] Une enquête menée dans plusieurs sociétés postindustrielles afin d’évaluer les connaissances des citoyens sur la démocratie a révélé que le niveau de connaissance de la démocratie était moyen et pas nécessairement satisfaisant.
[2] Un mouvement social est une action collective concertée dont la dynamique repose sur une vision (interprétation) de la société ou d’une réalité particulière avec une volonté de poser un type d’action en vue de défendre une cause. En ce sens, il est une entreprise de contestation. Ontologiquement, un mouvement social n’est pas réductible à un acteur ni à une organisation. Il est un réseau d’interactions entre plusieurs types d’acteurs tels que des citoyens, des groupes d’intérêts, des institutions, des entreprises, des partis politiques, etc. A la différence des autres organisations qui défendent des causes, ils ont un faible niveau d’institutionnalisation. Voir Sommier, Isabelle, Le renouveau des mouvements sociaux contestataires. Paris : Flammarion, 2000 ; Neveu, E., Sociologie des mouvements sociaux, Paris : La Découverte, 2005 ; McAdam, D., J. D. McCarthy et M. N. Zald (éds.), Comparative Perspectives on Social Movements. Political Opportunities, Mobilizing Structures, and Cultural Framings, Cambridge : Cambridge University Press, 1996 ; Della Porta, D. et S. Tarrow (éds.), Transnational Protest & Global Activism. Oxford : Rowman & Littlefield Publishers, 2005.
Auteur
Arsène Brice Bado, SJ, est le directeur du Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP) d'Abidjan, en Côte d’Ivoire, où il enseigne les sciences politiques et les relations internationales. Depuis 2025, il est également chercheur associé au CEVIPOF de Sciences Po Paris. Il a publié dans le Journal of Conflict Resolution, le Journal of Modern African Studies, le Journal of International Migration and Integration, Mediterranean Politics, l’African Journal of Democracy and Election Research, etc.





