Espagne – Justice dans l’industrie minière, conférence et session

Le réseau Justice in Mining organise actuellement une conférence sur la transition juste au Pays basque, à laquelle notre responsable du plaidoyer et des campagnes participe activement. L'objectif de ce terme est d'aborder la nécessité de protéger les droits de l'homme dans les pays où l'exploitation minière se développe afin de permettre une transition mondiale des combustibles fossiles vers les énergies vertes.

Pour vous tenir au courant de la conférence, vous pouvez lire le blog de Colm ci-dessous :

Ce week-end, je suis arrivé au Pays basque, sous la pluie, où je participe à une conférence du réseau Justice in Mining. Il s'agit d'une initiative jésuite qui cherche à s'engager dans le plaidoyer concernant l'industrie minière. Mon premier jour s'est déroulé à l'Université Duesto. Il s'agit de l'université jésuite située sur les rives du fleuve Nervión et qui surplombe l'imposant musée Guggenheim. Le titre de cet événement public était "Que signifie une transition énergétique juste" ? La première conférence a été donnée par le géographe le plus éminent sur ce sujet et un compatriote britannique, le professeur Anthony Bebbington.

Sa conférence a mis en évidence les faits concrets de cette transition. Il a expliqué que l'énergie solaire nécessite 40 % de cuivre en plus que l'énergie produite à partir de combustibles fossiles. Cela équivaut à une augmentation de 900 % de la production de cuivre, que l'on trouve dans les régions les plus pauvres du monde.

Ce besoin de matériaux pour une économie verte s'accompagne d'un besoin de protection des droits de l'homme. Bebbington nous a prévenus qu'entre 2012 et 2018, 20 pays ont imposé des lois contre les droits de la société civile et que cette situation s'est aggravée depuis la pandémie de coronavirus. La conférence de Bebbington a été complétée par un discours d'un vieil ami des missions jésuites, Charlie Chilufya SJ, directeur de JENA Nairobi. Sa présentation s'est concentrée sur la perspective africaine où la "transition verte" est également connue comme la "malédiction verte" ! En effet, bien que les minéraux, tels que le cobalt, soient extraits dans les pays en développement, ils sont emportés pour être traités. Par conséquent, la main-d'œuvre et les risques liés à l'exploitation minière sont supportés par les pays les plus pauvres et les bénéfices par les pays les plus riches.

Toutefois, la journée a été porteuse d'espoir et d'inspiration. M. Bebbington a rappelé à l'assemblée l'accord historique conclu lors de la COP26 par les délégués sud-africains, qui ont formé le Partenariat pour une énergie juste. Il s'agissait d'un engagement de 8,5 millions de dollars promis par des partenaires privés du Nord pour aider à abandonner l'exploitation du charbon au profit de technologies durables. Il s'agit en fait d'une compensation pour les pertes et les dommages et d'un traitement des responsabilités historiques.

La journée s'est terminée par un exposé très intéressant deTransport and Energy, une organisation basée à Bruxelles qui a fait adopter une loi européenne sur la réglementation des batteries. À partir de janvier 2023, les voitures électriques produites en Europe devront, en vertu de la loi, prouver que les minéraux utilisés sur leurs chaînes de production proviennent de sources éthiques. Demain, nous nous rendons à Loyola (la maison de St Ignace !) où les représentants jésuites parleront de ce que les organisations ignatiennes peuvent faire de plus.

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Après une lourde journée d'apprentissage, où l'ampleur des problèmes a intimidé l'auditoire et les possibilités offertes nous ont encouragés, un verre de vin espagnol sera certainement apprécié ! Nous avons commencé tôt, car nous sommes montés dans un bus depuis Bilbao pour traverser les montagnes et descendre les routes sinueuses jusqu'à Loyola.

La matinée s'est déroulée sous la forme d'une session ouverte au cours de laquelle l'orateur principal de la veille, Anthony Bebbington, a posé des questions sur la transition juste, en particulier sur l'exploitation minière artisanale et sur la manière de protéger les droits des petits mineurs.

Après le déjeuner, nous avons eu l'occasion d'écouter les expériences internationales de plaidoyer de groupes extérieurs à la Compagnie de Jésus, ce qui s'est avéré très stimulant. Guilherme Cavalli, de Churches and Mining, a parlé de leur campagne visant à encourager les groupes religieux à se désengager des combustibles fossiles. S'appuyant sur le contexte de l'Amérique latine, il nous a rappelé l'appel du pape François, après le synode sur l'Amazonie, selon lequel nous devons "chercher des modèles économiques alternatifs". Il a également parlé de l'emprise des banques sur les projets miniers controversés en Amérique latine, notamment les banques britanniques Barclays et HSBC. Enfin, nous avons entendu Rigobert Minani SJ qui dirige le Réseau Ecologique Ecclésial du Bassin du Congo, un réseau qui a été inspiré par le Synode Amazonien. Sa présentation a souligné l'importance unique qui doit être accordée à la vie sauvage dans le processus de transition. Ceci est particulièrement important pour le Bassin du Congo qui, parce qu'il abrite 6% de la forêt tropicale, cultive un foyer précieux pour la faune sauvage.

A la fin de la procédure, nous avons eu l'occasion de visiter la maison de St Ignace. Nous avons partagé l'eucharistie dans la pièce où St Ignace a vécu sa conversion. Cela semblait approprié dans le contexte de notre propre discernement sur la façon dont une conversion écologique peut être menée dans notre monde.

Source : Jesuitmissions.org

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