Europe – La sécurité humaine pour la survie de l’humanité : La menace du changement climatique et la réponse du Pape

Dans cette courte réflexion, je discute du poids relatif du changement climatique en tant que risque pour la sécurité. J'évalue la discussion à travers le prisme de la position inattendue mais conséquente du pape François. Comprendre le changement climatique comme une menace pour la sécurité est un défi, en partie parce que beaucoup le voient comme une menace temporellement éloignée. Les individus, les communautés et les sociétés entières sont souvent réticents à payer un coût à court terme pour faire face à une menace à long terme. Des efforts comme ceux du pape pourraient-ils changer cette situation ?

Le changement climatique représente l'un des plus grands risques pour la sécurité mondiale. Comme la prolifération nucléaire, le changement climatique a la capacité d'anéantir l'humanité. Les risques qui y sont associés représentent une réalité brutale et contemporaine pour des millions de personnes. Pourtant, contrairement à l'immédiateté relative des menaces nucléaires pour la sécurité mondiale, les causes et les effets du changement climatique évoluent beaucoup plus lentement et sont difficiles à percevoir. En raison de cette lenteur, les risques liés au changement climatique sont souvent perçus comme étant de moindre importance. Il est évidemment plus difficile de provoquer un changement climatique que de fabriquer et de lancer une bombe atomique. Cependant, le changement climatique est également plus difficile à annuler. Même un changement environnemental marginal (négatif) aura d'énormes conséquences non seulement sur la sécurité humaine mais aussi sur la survie de l'humanité.

En ce qui concerne la "sécurité humaine", Roland Paris (2001)2 fait valoir que, même si le concept n'est pas pratique pour comprendre la causalité liée à la sécurité, il peut servir de label de recherche. La sécurité humaine va au-delà des approches traditionnelles de la sécurité qui se concentrent uniquement sur la protection des États. Dans son rôle taxinomique, la sécurité humaine aide à comprendre les sources non militaires et non étatiques des risques.

L'application d'approches militaires à l'analyse du changement climatique en tant que risque pour la sécurité n'aurait que peu ou pas d'effet sur la prévention du changement climatique et un effet limité sur la gestion de ses conséquences. Par ailleurs, si l'on considère le changement climatique comme un risque pour la "sécurité humaine", les sources de risque non militaires et non étatiques peuvent acquérir une plus grande importance analytique. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de traiter un risque de sécurité qui menace de conduire l'homme à son extinction par son effet "multiplicateur".

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En tant que cause multiplicatrice, le changement climatique peut être plus facilement compris comme exacerbant un certain nombre de tensions sociétales en provoquant non seulement la famine, la pauvreté, des crises du logement et des migrations (forcées), mais aussi la perte de territoires entiers et des conflits politiques. L'association de la sécurité humaine à la survie humaine et l'application de cette conception de la sécurité au changement climatique en tant que "multiplicateur de menaces" mettent en évidence l'intersection complexe mais cruciale des facteurs politiques, économiques et sociétaux qui conduisent au changement climatique et en découlent.

Jusqu'en 2015, très peu de personnes auraient pu s'attendre à ce que l'une des considérations les plus importantes sur la complexité du changement climatique émane d'un pontife romain. Avec son encyclique Laudato Si' (2015), le pape François a démontré que la crise environnementale est une crise socio-politique, nécessitant une réponse complexe à la fois systémique, communautaire et individuelle. Il a montré par l'aspiration ainsi que par les données (cf. sommet de l'Académie pontificale des sciences 2015) quelles conséquences la dévastation climatique aurait sur les nations appauvries.

Et l'impact du Pape ? Six mois après la publication de l'encyclique, les dirigeants politiques mondiaux se sont réunis à Paris pour la COP21. En plaidant pour une action décisive, les dirigeants ont souvent fait référence à l'esprit et à la lettre de Laudato Si'. Ou encore, considérez l'appel du pape de 2019 au monde des affaires. Il s'est adressé en personne aux PDG d'ExxonMobil, BP, Royal Dutch Shell et Chevron pour qu'ils s'engagent à éviter "l'urgence climatique." Ce qu'ils ont fait. Il faut maintenant espérer, comme pour l'accord de Paris sur le climat, que les élites économiques et politiques tiennent leurs promesses. Les dirigeants mondiaux se sont engagés auprès du pape et du monde à minimiser les risques de sécurité et d'extinction envers les pauvres et les générations futures.

* Par Peter Rožič SJDirecteur du JESC

Source: JESC

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Publié par SJES ROME - Coordinateur de la communication in SJES-ROME
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