Construyendo una sociedad justa: una reflexión desde la Doctrina Social de la Iglesia
Traduit à l'aide de l'IA | Original en espagnol
Introduction : La doctrine sociale de l'Église comme cadre de discernement
La doctrine sociale de l'Église constitue une réflexion éthique et théologique sur la réalité sociale, économique et politique, éclairée par l'Évangile et orientée vers la dignité inviolable de toute personne humaine. Il ne s’agit pas d’une idéologie ni d’un système fermé de réponses, mais plutôt d’un cadre de discernement qui nous permet de lire les signes des temps et d’y répondre dans une perspective de foi, de justice et de charité. Dans le contexte actuel, marqué par de profondes inégalités et des tensions sociales, des questions telles que la pauvreté, la discrimination, les migrations, le racisme, l’injustice au travail, l’accès à l’éducation et à un logement décent, ainsi que la réflexion sur les structures sociales et le bien commun, revêtent une urgence éthique incontournable.
Pauvreté et exclusion : une responsabilité structurelle
La pauvreté, comprise non seulement comme une privation matérielle, mais aussi comme une exclusion sociale et un déni d’opportunités, continue d’être une plaie ouverte sur la conscience de l’humanité. La doctrine sociale de l’Église souligne qu’il ne s’agit pas d’un destin inévitable, mais plutôt du résultat de décisions personnelles et, surtout, structurelles qui génèrent et perpétuent les inégalités. Le pape François a dénoncé à plusieurs reprises une « économie qui tue », soulignant que lorsque le profit devient le critère absolu, les personnes, en particulier les plus vulnérables, sont mises au rebut. Dans cette perspective, la pauvreté interpelle non seulement la compassion individuelle, mais aussi la responsabilité collective de transformer les structures qui la produisent.
L’expérience rurale : une approche pédagogique face à l’injustice sociale et environnementale
À l’Instituto de Ciencias, une école jésuite située à Zapopan, dans l’État de Jalisco (Mexique), l’expérience rurale est proposée aux élèves de troisième année du secondaire dans le cadre d’un projet éducatif visant à les sensibiliser à la pauvreté et à l’injustice sociale et environnementale. Pendant une semaine, les élèves vivent au sein d’une communauté rurale et s’immergent dans le quotidien d’une famille rurale, en participant activement à ses activités et en découvrant son contexte. Cette expérience leur permet de se confronter à une réalité géographiquement proche mais marquée par de profonds contrastes avec leur propre environnement. En conséquence, les élèves développent une conscience accrue de la répartition inégale des richesses, de l’accès limité aux services de base tels que l’éducation et la santé, ainsi que des problèmes environnementaux qui affectent le travail agricole et la vie des communautés rurales, ce qui favorise une perspective critique et solidaire.
Discrimination et racisme : une atteinte à la dignité humaine
La pauvreté est étroitement liée à la discrimination sous ses multiples formes : qu’elle soit fondée sur l’origine ethnique, le genre, le statut social, l’orientation culturelle ou le statut migratoire. La discrimination va directement à l’encontre de l’un des principes fondamentaux de la doctrine sociale de l’Église : l’égale dignité de tous les êtres humains, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le racisme est un péché social qui déshumanise tant ceux qui en souffrent que ceux qui le pratiquent, endurcissant les cœurs et brisant la fraternité fondamentale qui devrait soutenir la coexistence humaine.
Migration et solidarité : une éthique de la rencontre
La migration est l’un des phénomènes les plus significatifs de notre époque, mettant en évidence à la fois l’interdépendance mondiale et les profondes inégalités entre les régions et les pays. Selon la doctrine sociale de l’Église, les migrants ne sont pas un problème à gérer, mais des personnes à accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Les migrants fuient souvent des contextes marqués par la pauvreté, la violence, le manque d’opportunités d’emploi ou la dégradation de l’environnement, pour se heurter ensuite à la discrimination, à l’exploitation et au rejet dans leurs pays de destination. Une société qui se ferme aux migrants appauvrit sa propre humanité et trahit le principe de solidarité.
La Campagne de solidarité : un engagement communautaire envers les plus vulnérables
C'est dans ce contexte que s'inscrit la Campagne de solidarité de l'école, à travers laquelle la communauté éducative se penche sur la réalité des migrants et d'autres groupes vulnérables et se mobilise pour créer des réseaux de soutien concrets. Au cours de cette année scolaire, les fonds collectés ont été reversés, par l'intermédiaire de la Fondation Loyola, au Service jésuite des réfugiés (JRS) du Mexique. Au-delà des ressources financières obtenues, la valeur principale de cette initiative réside dans le processus de sensibilisation des élèves, de la maternelle au lycée, ainsi que des parents, favorisant une compréhension plus profonde de la dignité des migrants et des causes structurelles qui les obligent à quitter leur lieu d’origine.
Travail décent et injustices sociales
Les injustices sociales constituent un autre axe central de réflexion. Le travail n’est pas seulement un moyen de subsistance, mais une dimension essentielle de la dignité humaine et de la participation à l’œuvre créatrice de Dieu. Lorsque les conditions de travail sont précaires, que les salaires sont insuffisants ou que les droits sont bafoués, la dignité du travailleur est mise à mal. La doctrine sociale de l’Église a toujours affirmé la primauté du travail sur le capital et la nécessité de structures économiques qui placent la personne au centre.
Semaine d’expérience professionnelle : apprendre de la réalité
Dans cette perspective, l’école encourage la réflexion sur le travail décent, les salaires équitables et les opportunités d’emploi à travers la Semaine d’expérience professionnelle, destinée aux élèves de sixième semestre du secondaire. Cette initiative éducative leur permet de découvrir différentes réalités du monde du travail, d’identifier les situations précaires et de valoriser le travail comme moyen d’épanouissement personnel et de service au bien commun. Pendant une semaine, les élèves s’intègrent dans des lieux de travail ordinaires sans rémunération, côtoyant des travailleurs qui, pour la plupart, subsistent grâce au salaire minimum, ce qui favorise une vision empathique et critique de ces réalités.
Structures sociales, discernement et spiritualité ignatienne
Ces questions ne peuvent être comprises isolément, car elles sont profondément liées aux structures sociales qui organisent la vie collective. La doctrine sociale de l’Église reconnaît l’existence de structures de péché qui favorisent l’accumulation de richesses entre quelques mains et l’exclusion de la grande majorité, mais elle affirme également la possibilité de les transformer par une participation responsable, un engagement civique et un discernement éthique. La spiritualité ignatienne offre ici une clé fondamentale : l’appel à « chercher et trouver Dieu en toutes choses » implique de reconnaître sa présence dans la réalité sociale et de s’engager activement pour la justice.
Le bien commun et l'éducation comme voie de transformation
Le bien commun ne se réduit pas à la somme des biens individuels, mais désigne l'ensemble des conditions sociales qui permettent à tous les individus et à toutes les communautés de s'épanouir pleinement. Cela implique de garantir un accès effectif aux droits fondamentaux tels que l'éducation, la santé, un travail décent et un logement convenable. L'éducation occupe une place privilégiée dans cette perspective, car elle permet de briser les cycles de la pauvreté, de favoriser la pensée critique et de former des citoyens engagés pour le bien commun. Dans la tradition ignatienne, l’éducation vise à former des « hommes et des femmes pour les autres », capables de conjuguer excellence académique et engagement social, en misant sur une formation intégrale qui sème l’espoir et la responsabilité.
Conclusion : un appel à la conversion personnelle et sociale
En conclusion, la doctrine sociale de l’Église offre une vision humaine cohérente et profonde pour relever les défis sociaux contemporains. Face à la pauvreté, à la discrimination, aux migrations, au racisme et à l’injustice au travail, elle propose une éthique de la rencontre, de la solidarité et de l’engagement pour le bien commun. Inspirés par l’Évangile, les enseignements du pape François et la spiritualité ignatienne, nous sommes appelés non seulement à réfléchir, mais aussi à agir, en discernant les chemins qui mènent à une société plus juste, plus fraternelle et plus inclusive, où la dignité de chaque personne est reconnue et promue.
Dennise Castro Segura
Professeure à l'Institut des Sciences, une école jésuite située à Zapopan, dans l'État de Jalisco, au Mexique. Elle possède plus de 20 ans d'expérience dans le domaine de la formation ignatienne. Elle occupe actuellement le poste de coordinatrice de ce domaine au niveau du baccalauréat, où elle accompagne des processus éducatifs axés sur la personne, le discernement, la spiritualité et l'engagement en faveur de la construction d'une société plus juste.





