Amérique Latine – Déclaration conjointe de l’OEA et du REPAM sur la protection de l’Amazonie et de ses peuples autochtones, les Quilombolas et les peuples riverains

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C'est la première fois que l'Organisation des États américains (OEA) publie une déclaration sur la situation des communautés et des peuples de l'Amazonie. Le document a été publié conjointement avec le REPAM. Il souligne la présence importante des peuples amazoniens pour la protection de l'Amazonie et aborde l'urgence humanitaire et environnementale que connaît ce biome pour l'ensemble de l'humanité.

Le Secrétariat général de l'Organisation des États américains (SG/OEA) et le Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM),

Soulignant, comme l'affirme notre Déclaration américaine sur les droits des peuples autochtones, la présence significative des peuples autochtones dans les Amériques et leur immense contribution au développement, à la pluralité et à la diversité culturelle de nos sociétés, et réitérant notre engagement envers leur bien-être économique et social, ainsi que notre obligation de respecter leurs droits et leur identité culturelle.

Constatant la transcendance environnementale, culturelle, sociale, économique et spirituelle que représente l'Amazonie pour l'ensemble de l'humanité et, surtout, pour nos Amériques.

Comprenant que l'Amazonie, écosystème unique au monde, fait partie d'un tout qui associe nature, biodiversité et cosmovision, au-delà des frontières nationales.

Soulignant que le respect, la garantie et la jouissance des droits à l'eau, au territoire, à l'autodétermination et à la consultation libre, préalable et informée sont les piliers inaliénables et inaliénables des peuples qui habitent l'Amazonie pour leur survie et leur vie digne.

Tenant compte de la croissance exponentielle de la criminalisation, des atteintes et des assassinats des défenseurs de ces droits humains, collectifs et naturels.

Soulignant, comme le stipule notre Déclaration américaine sur les droits des peuples autochtones dans son préambule, la contribution significative des peuples autochtones des Amériques à l'humanité dans son ensemble.

Consternéspar la réalité grave et urgente de dizaines de peuples autochtones menacés de disparition et décimés par les agressions, les blessures, les meurtres, les maladies, la famine et l'expulsion de leurs territoires.

Alarmés par la situation très particulière des peuples non contactés dans plusieurs des territoires amazoniens, confrontés à la perte de leur identité culturelle et de leur mode de vie.

Conscients des normes internationales en matière de droits de l'homme qui exigent que les communautés indigènes, quilombolaset riveraines se voient garantir tous leurs droits civils, politiques, culturels, environnementaux, économiques, sociaux et collectifs.

Adoptent, le 8 août 2022, la déclaration conjointe de 2022 suivante sur la protection de l'Amazonie et de ses peuples autochtones, quilombos et riverains :

1.- Champ d'application de la présente déclaration commune :

Cette déclaration commune aborde et affronte l'urgence humanitaire et environnementale que connaît l'Amazonie aujourd'hui. En outre, près de quatre cents peuples indigènes et quilombos et les centaines de communautés riveraines qui le peuplent sont sous la menace constante de la fin de l'équilibre écologique et de la perte de leurs cosmovisions.

2.- Recommandations urgentes et prioritaires pour les Etats de la région, basées sur le contenu du 2èmerapport régional du REPAM sur la violation des droits dans la région pan amazonienne :

Concernant les droits de vivre sans discrimination ni menace :

- Ratification et mise en œuvre de l'accord régional sur l'accès à l'information, la participation du public et l'accès à la justice en matière d'environnement en Amérique latine et dans les Caraïbes (accord d'Escazú) : l'exercice de la défense des droits de l'homme continue d'être l'une des activités les plus dangereuses de la Panamazonie. Une façon de répondre à ce climat hostile est de ratifier et de mettre en œuvre l'accord d'Escazú, ce qui implique que certains États revoient les cadres juridiques, complètent et développent de nouveaux organes normatifs spécifiques, en optimisant, par exemple, le système unique d'information sur l'environnement.

- Élaboration et mise en œuvre de protocoles pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, qui incluent des campagnes de sensibilisation sur l'importance de leur travail et de leur service ; conception et articulation d'alertes précoces pour que les autorités puissent agir en temps utile face à des attaques ou des menaces ; formation des agents de l'État dans ce domaine.

Concernant le droit à la terre et à l'utilisation de ses ressources :

- Garantir la sécurité juridique des territoires autochtones, grâce à des processus simples et rapides, en évitant les procédures bureaucratiques sans fin et les coûts inabordables.

- Donner la priorité aux investissements dans la gestion territoriale et environnementale.

-Renforcer les institutions chargées du suivi, de la supervision et du contrôle des actions qui nuisent à l'environnement. Ce droit à un environnement sain est reconnu comme un droit de l'homme, bien qu'il n'ait pas encore été développé de manière adéquate dans la jurisprudence, et qu'il n'ait pas trouvé d'espace suffisant pour être documenté et présenté de manière adéquate devant le système interaméricain des droits de l'homme. Par conséquent, le rôle des ministères, du pouvoir judiciaire, du ministère public, du bureau du médiateur et des organismes indépendants rattachés aux États est extrêmement important pour son contrôle intégral.

- Créer des conditions et des espaces sûrs pour le développement de la participation des citoyens en matière d'environnement, d'utilisation des sols et d'aménagement du territoire.

En ce qui concerne la reconnaissance du droit humain à l'eau :

- Développer des politiques publiques, ou le cas échéant, mettre à jour la législation de l'État pour la reconnaissance et la protection du droit humain à l'eau, vu sous une approche interculturelle.

- Universaliser l'accès à l'eau potable, l'assainissement et la gestion des écosystèmes d'eau douce.Il est nécessaire d'investir dans les infrastructures et les installations sanitaires ; de mettre en œuvre des technologies de traitement et d'efficacité de l'eau avec la participation et la consultation préalable, libre et informée des communautés autochtones.

Sur le droit à la santé :

- Renforcer la capacité de réponse du secteur de la santé : avec une approche fondée sur les droits et des réponses globales à l'urgence, en s'attachant à sauver des vies, en garantissant l'accessibilité aux services vitaux pour tous.

- Élaborer un plan stratégique pour une réponse coordonnée et à plus grande échelle à la crise sanitaire de Covid 19.

Continuez à tisser l'espoir pour le peuple de Panamazonie et le soutien pour toute l'humanité. Le SG/OEA, en coordination avec le REPAM, fera sans doute partie de cet objectif urgent et prioritaire.

Sans préjudice de ce que le SG/OEA et le REPAM peuvent prévoir dans de futurs accords de coopération, la présente déclaration conjointe ne crée aucune obligation de quelque nature que ce soit pour le SG/OEA ou le REPAM.

Rien dans la présente déclaration conjointe ne constitue une renonciation expresse ou implicite aux privilèges et immunités du SG/OEA, de son personnel, de ses biens et de ses actifs, conformément aux conventions pertinentes, aux lois nationales applicables et aux principes généraux et pratiques du droit international.

EN FOI DE QUOI, les représentants dûment autorisés, ont apposé leur signature en deux (2) exemplaires de même teneur et au même effet, dans la ville de Washington, District de Columbia, ce 8ème jour d'août 2022.

Image et information de oas.org

Source : jesuitas.lat noticias

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