Témoignage

Trouver ses pieds dans l’écologie…

Je ne suis pas un spécialiste des questions climatiques, ni d'ailleurs d'aucune question en particulier. Alors comment diable suis-je devenu responsable de la défense de l'écologie au Centre social européen des Jésuites (JESC) ? C'est une question intéressante que je ne me suis sérieusement posée que lorsque mon directeur m'a ordonné d'écrire ce témoignage !

Il me semble évident que mon intérêt pour l'écologie découle d'une recherche de justice. Il est évident que cette recherche découle de ma foi, et que la Compagnie de Jésus y a joué un grand rôle.

Les Jésuites ont toujours été présents, même si c'était d'abord de manière assez opaque. Dans l'église que fréquentait ma famille, il y avait, du moins à l'époque, une immense peinture au-dessus de l'autel représentant deux personnages à l'allure très "espagnole". Ils avaient l'air héroïques, et comme j'aimais passer des vacances sur la Costa Del Sol et que j'avais un projet d'art scolaire sur Salvador Dalí, il m'a semblé juste de prendre le nom de Francis Xavier comme nom supplémentaire lors de ma confirmation. Ce n'est que l'année suivante, lorsque j'ai rejoint mon internat jésuite, que j'ai commencé à aimer ces deux Espagnols, et en particulier l'autre, Ignace de Loyola.

Apprendre l'histoire de saint Ignace, sa conversation et son appel à "donner sans compter" a été un moment d'inspiration inégalé dans ma vie. Soudain, la foi est passée de la récitation de prières et de la participation à la messe à quelque chose de plus profond dans la vie de tous les jours. Mes camarades de classe et moi-même nous sommes vus rappeler chaque jour le but de notre vie, qui était d'être "des hommes et des femmes pour les autres". En grandissant, j'ai appris à connaître les exercices et à comprendre la nécessité de vivre une vie où les plus pauvres passent en premier et où la justice est primordiale. Cependant, je savais que dans le monde de la Contre-Réforme dans lequel St Ignace vivait, il avait des causes sur lesquelles agir, alors que je restais sans cause. C'était jusqu'à un jour pluvieux de mes 17 ans.

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En tant qu'élève de terminale en géographie, j'ai été inscrit sans enthousiasme comme membre de la société environnementale de l'école. Je n'étais pas particulièrement motivé par cette participation et je ne faisais aucun lien avec ma quête de justice. Il s'agissait de deux choses distinctes. Mais en ce jour pluvieux, notre prêtre-aumônier a sorti une encyclique récemment publiée par notre pape jésuite. Je me souviens avoir été choqué par cette phrase qui déclarait que "la Terre, notre maison, commence à ressembler de plus en plus à un immense tas d'immondices". C'était le choc dont j'avais vraiment besoin ! La crise climatique touche tout le monde et surtout les plus pauvres. Voilà enfin une cause à laquelle je pouvais consacrer mon temps !

Malheureusement, pendant mes études universitaires, j'ai passé plus de temps à me spécialiser dans la bière que dans l'écologie, mais je ne me suis jamais éloignée de l'église et j'ai passé mes étés à faire du bénévolat avec des personnes handicapées et des personnes âgées à Lourdes. C'est à Lourdes que l'inspiration m'est revenue. Après avoir passé la journée à travailler dans un hôpital avec des pèlerins malades et âgés, j'ai croisé dans la rue un jésuite dont je me souvenais de l'école. Nous nous sommes assis autour d'un café et alors que je quittais le café, il m'a crié dans la rue "et souviens-toi, si tu dois vivre une vie de foi, assure-toi que c'est aussi une vie de justice". Soudain, l'enthousiasme que j'avais ressenti pour la première fois en entendant l'histoire de saint Ignace m'est revenu et, en dépit d'un ou deux accrocs, cet enthousiasme m'habite depuis lors.

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Cependant, le fait que mon premier emploi à la sortie de l'université ait été pour les Jésuites, dans leur bureau de développement international à Londres, a été une coïncidence inattendue. Ce lien entre le Sud et l'écologie a vraiment rendu la crise réelle et la prochaine fois que j'ai vu ce jésuite, c'était deux ans plus tard, en Écosse, à l'occasion de la conférence COP26. Je dirigeais un groupe de 28 jeunes adultes en pèlerinage d'Édimbourg à Glasgow. La solidarité entre les jeunes et le sentiment d'urgence que nous ressentions tous pour faire quelque chose au nom de la justice climatique étaient insatiables et j'ai su que j'appartenais à ce mouvement.

Aujourd'hui, dans mon deuxième emploi chez les Jésuites, basé à Bruxelles, j'ai l'impression d'aller dans la bonne direction grâce à l'opportunité qu'offre le cadre de l'Union européenne. L'équipe chargée de l'écologie ici défend les droits des générations futures dans le contexte de la crise climatique, ce qui est très motivant.

Je suis reconnaissant aux Jésuites de m'avoir inspiré, puis de m'avoir donné un emploi ! Je prie surtout pour les pays du Sud qui souffrent le plus de cette crise, mais saint Ignace me donne de l'espoir. Au milieu du désespoir, il a donné un exemple à suivre pendant des siècles. C'est maintenant à l'humanité tout entière de faire de même et d'utiliser cette crise comme un moyen de rechercher la justice.

Colm Fahy

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Publié par SJES ROME - Coordinateur de la communication in SJES-ROME
SJES ROME
Le SJES est une institution jésuite qui aide la Compagnie de Jésus à développer la mission apostolique, par sa dimension de promotion de la justice et de la réconciliation avec la création.