Témoignage

Rencontre de l’Apostolat Social de la Corée et du Japon

Park Mun-Su SJ (KOR) Park Mun-Su SJ (KOR)

Cette première rencontre en plénière de l'apostolat social des jésuites et de leurs collaborateurs des provinces jésuites de la Corée et du Japon a eu lieu en même temps que la Conférence de Gangjeong de 2015 pour la paix.

Cet endroit a été choisi parce que 14 jésuites et collaborateurs de la province du Japon participaient à la conférence pour la paix; 13 d'entre eux sont restés pour la rencontre pour l'apostolat social. Les provinciaux de chacune des provinces ont participé à la conférence pour la paix et à la rencontre de l'apostolat social.

Le lieu de rencontre de cette réunion de l'apostolat social était le tout nouveau centre St-Francis pour la paix, une initiative du diocèse catholique de Jeju. Le village de Gangjeong, sur l'île de Jeju en Corée du sud, est au cœur d'une importante confrontation au sujet de la construction d'une base navale. Depuis le tout début de cette confrontation, en 2007, Peter Kang, évêque en charge du diocèse de Jeju, a ouvertement et fortement apporté son appui aux villageois dans leurs protestations contre l'intrusion planifiée de cette base dans leur village; une planification qui a commencé sans passer par les étapes légales essentielles pour recevoir l'approbation du village. Le point central de cette confrontation consiste dans le fait que cette base menace de détruire leur mode de vie fondé sur l'agriculture et la pêche et ce alors même que la base n'est pas nécessaire pour la défense de la Corée, mais consiste plutôt en un déploiement de la puissance navale des États-Unis et de la Corée sur la Mer de Chine. La base est déjà complétée à 80%.

Les jésuites coréens vivent dans le village de Gangjeong depuis plus de quatre ans et se sont joints à la lutte des villageois. La province de Corée a renforcé son engagement pour cet apostolat de paix et de réconciliation en construisant une résidence communautaire jésuite dans le village de Gangjeong; une installation de deux étages qui a été bénie par l'évêque Peter Kang le 7 septembre, le premier jour de la conférence pour la paix. Dans un esprit de solidarité, plusieurs évêques japonais et de nombreux jésuites ont visité ce village au cours des dernières années. La lutte de Jeju a permis de tisser des liens étroits avec la population d'Okinawa au Japon, laquelle demande le démantèlement des bases militaires américaines sur son territoire.

Durant la matinée de cette rencontre d'un jour de l'apostolat social, chaque province a présenté les activités de son apostolat social respectif. Le président du comité de l'apostolat social, le père Mitsunobu du Japon, ainsi que le frère Chu-hui Chon de la Corée ont présenté dans leur langue respective grâce à l'excellent travail d'interprète du père John San-won de la province japonaise et de sœur Burnadette Jeong des Sœurs Lavelle. Les apostolats sociaux des deux provinces partagent un certains nombres de similarités. Toutes deux travaillent auprès des travailleurs migrants, ont des initiatives environnementales mettant l'emphase sur l'arrêt de l'énergie nucléaire et la promotion de l'énergie renouvelable, une collaboration avec les mouvements pacifistes citoyens, l'accompagnement et le plaidoyer auprès des pauvres en milieu urbain, une préoccupation pour les questions d'emplois, en plus de posséder des centres sociaux qui offrent aux apostolats de première ligne, de l'information, des analyses et de la réflexion. Ces similarités reflètent les similarités économiques des deux pays, leurs étroits liens historiques au sein de la région de l'Asie du nord-est ainsi que la mission commune jésuite de l'option préférentielle pour les pauvres et d'une foi qui cherche la justice et la réconciliation avec la création.

Au cours de l'après-midi, les participants se sont séparés en quatre groupes dans le but de mieux se connaître, d'améliorer la collaboration et de faire une planification plus spécifiques. Les groupes se sont penchés sur les thématiques du mouvement pacifiste, de la justice sociale et du ministère de l'emploi, le mouvement anti-nucléaire et la préoccupation environnementale, et les migrants.

En ce qui a trait au mouvement pacifiste, les participants espèrent faire des échanges de personnel, par exemple offrir des opportunités de régence; ainsi que de pouvoir coopérer sur certains projets. Ils perçoivent plus particulièrement une opportunité de coopération dans la mise en œuvre de programmes éducatifs pour les étudiants, par exemple, une collaboration entre le St Francis Peace Center et les programmes relatifs à la culture de la paix à Hiroshima. Ils ont incité les provinciaux à former une équipe pour la préparation de ces programmes. Les programmes doivent être fondés sur l'Évangile.

Le groupe sur la justice et le ministère de l'emploi a souligné l'importance d'apprendre à faire face au défi du néo-libéralisme en plus de créer encore plus de coopération. Ils ont suggéré de constituer une équipe composée du père Shimokawa, du père Mitsunobu, du frère Chui-hui Chon et du père Mun-su Park; lesquels devraient communiquer entre eux pour planifier un programme pratique avec des objectifs clairs et des participants bien ciblés. En outre, le groupe a incité le centre jésuite de recherche en plaidoyer et solidarité ainsi que le centre social de Tokyo à apprendre l'un de l'autre en favorisant les visites et les échanges. Ils demandent également à la province coréenne de former un lien significatif avec l'Institute of Global Concern de l'université Sophia.

Les deux provinces collaboraient déjà sur la question du mouvement anti-nucléaire. Elles ont conjointement financés trois conférences annuelles au Centre d'éducation au travail de Shimonoseki, une série qui , cette année, aura lieu dans le cadre de la rencontre annuelle des comités de justice et paix des diocèses japonais. Par le passé, elles ont collaboré dans la préparation de ressources et ont participé conjointement à des manifestations internationales. En ce moment, elles sont toutes deux préoccupées par le redémarrage de la centrale nucléaire Kendai au Japon ainsi que par la proposition du gouvernement coréen de construire une nouvelle centrale nucléaire à Yeongdeok. Elles ont des opportunités de coopération sur les questions environnementales, comme le projet de téléphérique sur une chaîne de montagnes vierges dans quelques uns des parcs nationaux coréens, les dommages environnementaux résultant des manœuvres militaires, en plus d'avoir l'opportunité d'utiliser Laudato Si comme ressources éducatives.

L'apostolat des deux provinces auprès des migrants n'est pas le même. La Corée met l'accent sur les travailleurs migrants alors que le Japon est engagé dans l'Académie international Adachi (AIA), une école pour les enfants des travailleurs migrants ou pour les épouses victimes de commerce international. Les deux provinces profiteraient de visites mutuelles.

La rencontre a pris fin avec un magnifique souper de poissons crus et une promenade au clair de lune, le long de la plage. Loué soit Jésus Christ.

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Publié par SJES ROME - Coordinateur de la communication in SJES-ROME
SJES ROME
Le SJES est une institution jésuite qui aide la Compagnie de Jésus à développer la mission apostolique, par sa dimension de promotion de la justice et de la réconciliation avec la création.