Rome – SJES – Ignace inspire notre mission dans l’apostolat social
En la fête de saint Ignace, nous nous souvenons de sa vie et de sa mission parmi les pauvres lors de son voyage à Azpeitia, sa ville natale. Vivre comme un pauvre et au milieu d'eux, trouver des ressources et une organisation pour les servir et travailler à la réconciliation sont des aspects de cette partie de la vie d'Ignace. Extrait de Patxi Álvarez de los Mozos (2019), Serving the Poor, Promoting Justice, Bilbao: Grupo di Comunicación Loyola Ediciones Mensajero, (pp. 32-33):
Une période remarquable de la vie d'Ignace est celle qu'il a passée dans sa ville natale, ce qui nous permet de nous faire une idée de la manière dont il a exercé son apostolat et de son attitude à l'égard des pauvres... Ignace se trouve à Azpeitia d'avril à juillet 1535, après avoir séjourné à Paris. Sa santé s'étant détériorée, les médecins lui recommandent de retrouver l'air frais de sa ville natale pour se rétablir. En même temps, selon Ribadeneira, il avait des affaires à régler pour se rassurer. C'est donc sur un petit cheval qu'il entreprit le long voyage de retour vers la maison de son enfance.
À son arrivée, il ne se rend pas dans la maison familiale, comme le lui avait demandé son frère, mais loge dans l'hôpital humide et sordide de Magdalena, qui se trouve encore aujourd'hui à la périphérie de la ville, sur les rives de l'Urola, le plus loin possible de la maison ancestrale de la famille Loyola. L'hôpital était géré comme un hospice de charité accueillant mendiants et malades. Il y vécut jusqu'à son départ. Ses frères lui offrirent un bon lit pour se reposer, mais il refusa, dormant à même le sol, vivant à l'hôpital dans les mêmes conditions que les pauvres et les nécessiteux. C'est ainsi qu'il voyageait toujours... Il survivait grâce aux aumônes qu'il recevait en mendiant de porte en porte. Ce qu'il recueillait, il le ramenait à la Magdalena et le partageait avec ses compagnons pauvres, assis comme une famille autour de la même table.
Il a également passé du temps à réconcilier des personnes en conflit ou éloignées l'une de l'autre. Il a rétabli la paix dans les mariages qui échouaient à cause de l'infidélité des maris. Il a réuni des familles en conflit. Il parlait, persuadait et finissait par les convaincre. Il a servi de médiateur dans un long conflit entre les sœurs franciscaines et le clergé local de la paroisse d'Azpeitia, qui avait commencé au début du siècle et avait été à l'origine de nombreux troubles dans la vallée de l'Urola. Il réussit à obtenir un accord entre les parties, qui signèrent et scellèrent un acte public en présence d'un notaire, afin de lui donner une plus grande sécurité juridique. Sa signature figure sur le document en tant que témoin : Íñigo.
À l'approche de son départ, il voulut consolider tous les efforts qu'il avait déployés en faveur des pauvres au cours des derniers mois et fonda donc deux institutions. La première concernait son frère Don Martin, à qui il demanda d'apporter chaque dimanche à la paroisse douze pains à distribuer aux pauvres "en hommage aux douze Apôtres". La seconde institution est de nature plus durable. Ignace voulait que les besoins des pauvres soient satisfaits de manière adéquate, mais en même temps, il voulait mettre fin à l'abus de la mendicité non réglementée, car il était injuste que certaines personnes vivent de l'aumône alors qu'elles pourraient subvenir à leurs besoins par leur propre travail. Dans ce cas, il a impliqué les autorités municipales qui ont établi une série de lois en vertu desquelles la municipalité nommait chaque année deux personnes - appelées "mayordomos", un membre du clergé et un laïc - qui collecteraient les aumônes pour les pauvres de la région les dimanches et les jours de fête. Ces deux personnes étaient chargées de distribuer l'aide, en évaluant la personne qui la demandait et son degré de besoin. En même temps, il était demandé aux voisins de ne pas faire l'aumône directement, mais par l'intermédiaire de ces deux personnes. Enfin, la mendicité de porte à porte était proscrite ; les mendiants devaient s'adresser à ces deux intendants, qui étaient chargés de veiller au bien-être des indigents, en connaissant leur situation particulière.
Ainsi, Ignace ne se contente pas de soulager les besoins des pauvres, mais cherche un remède durable à leurs difficultés et délègue la responsabilité de l'institution à d'autres, une stratégie qui sera employée par les Jésuites à l'avenir. Après avoir quitté Azpeitia, il laissa son petit cheval de trait à l'hôpital.
Bonne fête de la Saint-Ignace !





