Venezuela-Colombie – Volontariat des jeunes et migration
Depuis le 1er avril, un groupe de jeunes qui font partie d'initiatives de volontariat au sein du Projet Javier au Venezuela, a entamé une mission de 17 jours qui les a amenés à relier leur vocation à l'accompagnement que le Service Jésuite des Réfugiés réalise dans la région frontalière entre le Venezuela et la Colombie.
L'initiative de ce groupe de jeunes professionnels, née d'un engagement sincère au service du volontariat et de la spiritualité ignatienne, a encouragé différentes personnes et œuvres de la Compagnie de Jésus à collaborer en réseau à la réalisation d'une rencontre et d'une mission menées dans la ville de San Juan de Colón au Venezuela et dans la ville de Cúcuta en Colombie, territoires qui font partie de l'une des régions frontalières les plus dynamiques du continent américain.
GOA est le nom donné à cette expérience par le Projet Xavier, rappelant le travail missionnaire de Saint François Xavier en Asie. Cette version de GOA autour de la migration, a été l'occasion de réaliser un pilote de ce que peut être une expérience de volontariat latino-américain avec un regard ignatien et une approche interculturelle. Il s'agit d'un pas de plus vers le processus de volontariat que nous jugeons pertinent et nécessaire pour la région, où le chemin de l'espoir des jeunes et l'appel des personnes rejetées du monde et obligées de migrer sont liés.
L'expérience : action et communication
"Un amour humble et serviable qui ne ménage pas sa propre dignité, mais sait se mettre aux pieds des autres pour soulager leur fatigue, nettoyer leur saleté et les accueillir à sa propre table". Cette phrase de J.A. Pagola, partagée par Solmary, l'un des participants à cette expérience en guise de salut de Pâques, décrit parfaitement le sens de ces journées de rencontre, de mission, de formation, de réflexion et d'action. La semaine sainte était le cadre idéal pour cette expérience de service et de pèlerinage, de contemplation en action, de rencontre avec la vie à partir de la tragédie et de la douleur de l'humanité : une véritable expérience de "lavage des pieds".
Cet amour humble, qui s'exprime dans la simplicité comme la seule vraie façon de prendre soin de la Maison Commune, est aussi un témoignage actuel de l'invitation du Père Pedro Arrupe S.J. à vivre une "révolution de l'amour" qui, à partir de sa vision du monde et de l'inspiration du JRS, implique d'accueillir et de prendre soin des personnes qui sont obligées de tout quitter pour chercher refuge. Accompagner le voyage des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées est l'élément central de cette expérience de volontariat ; c'est pourquoi il a été si significatif d'aller marcher sur la route de la migration pour voir, sentir et accompagner les pas de millions de personnes dans le monde qui sont forcées de fuir pour recommencer à zéro.
La réalité des migrants, leurs histoires et leur héroïsme ont donné un sens à la rencontre. La mission et l'engagement étroit des professionnels du JRS à Táchira et Norte de Santander sont une source d'inspiration pour l'action. La paix incarnée dans les êtres humains, la nature et les processus dans la Casa de Espiritualidad el Alfarero est une preuve de la puissance de la présence transformatrice de l'Évangile dans les communautés d'Amérique latine et des Caraïbes. L'amour des volontaires, qui se traduit plus par des actes que par des paroles, est l'espoir que l'utopie vaut la peine d'être poursuivie chaque jour de notre vie. La collaboration entre réseaux, pays, œuvres et personnes, comme témoignage de la valeur du dialogue, de la confiance, de la participation et du détachement du pouvoir au service d'une mission plus grande.
Face à la culture du jetable, la fraternité et l'amitié sociale sont les moyens de construire un monde meilleur, nous dit le pape François dans Fratelli Tutti, et nous rappelle comment "un étranger sur la route" peut être la clé pour apprendre à être plus et mieux l'humanité.
Cette année, le Pape nous invite à vivre la Journée mondiale du migrant et du réfugié comme une possibilité de "construire l'avenir" avec eux. Ce temps de mission et de rencontre à partir de la culture de l'hospitalité, de la paix et de la réconciliation nous a donné des idées plus nombreuses et meilleures pour construire et communiquer cet avenir commun, pour "migrer vers l'extraordinaire".
L'être humain est en quête permanente de sens ; c'est la voie de la spiritualité. Il y a 500 ans, un homme qui pensait avoir tout compris par le pouvoir et l'individualité, à partir d'une blessure qui a touché ses fibres les plus profondes et par la découverte de son lien avec Dieu, a choisi une voie de service aimant à la divinité présente en toutes choses et en tous les hommes. En communion avec cette spiritualité d'Ignace, nous continuons à être les compagnons des personnes qui souffrent injustement des diverses formes de violence ici et maintenant.
Ces journées ont été l'occasion de faire le lien avec la
décision de vivre pour servir, de servir par la rencontre et l'attention
mutuelle (" qui est aussi civile et politique " LS 231), en
promouvant une plus grande culture de l'hospitalité avec l'horizon de la
réconciliation et de la justice dans nos sociétés.
Dix-sept jours pour faire un pas de plus : certains fruits de cette expérience ont commencé à être utilisés dans les communautés locales où les jeunes volontaires ont partagé leur vie en mission ; d'autres fruits seront partagés dans les prochaines semaines à travers des pièces audiovisuelles avec des témoignages et des propositions d'action ; la plupart des fruits de cette rencontre seront récoltés dans l'avenir du service de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi d'être pour les autres et avec les autres.
Source: CPAL





