Témoignage

Aimer et Servir : la Dynamique d’un Engament pour un Monde Meilleur

Je suis Bèterbèteon Charles SOMDA, jésuite originaire du Burkina Faso. Je suis actuellement en mission en République Centrafricaine. Je suis impliqué dans plusieurs activités éducatives et sociales avec les jeunes et les étudiants de la ville de Bangui.

La Centrafrique a connu des cycles de violences dus aux multiples crises sociopolitiques et religieuses qui ont significativement dégradé la qualité de la vie. Nous sommes à une phase relativement stable ou le besoin de croire à un avenir meilleur se manifeste chez plusieurs personnes. La jeunesse fait renaître l’espoir. Elle croit et elle s’engage ! Personnellement, je vois en cet optimisme de la jeunesse centrafricaine une présence de la grâce divine, la grâce du Dieu fidèle qui relève et restaure un peuple profondément meurtri. Je me vois comme témoin d’espérance dans une telle situation. Ma présence aux côtés de tous ces jeunes consiste à toujours leur rappeler cette dynamique de foi et d’espérance, mais aussi et surtout de charité, au sens d’engagement par des actions concrètes pour la transformation qualitative de la société. J’aime dire parfois aux étudiants que le contexte centrafricain actuel a besoin de personnes de bien, qui aiment et qui servent. C’est cette logique qui renversera le règne de la violence et du mal que nous a imposé depuis des années les personnes aux cœurs dévoyés par la cupidité et le goût exagéré du pouvoir.

Le centre social des Jésuites à Bangui est connu pour sa qualité dans l’encadrement des jeunes à travers le Centre d’Information d’Education et d’Ecoute du Centre Catholique Universitaire (CIEE-CCU). Il apparaît comme un lieu de formation du cœur pour faire des personnes sensibles aux besoins de leurs frères et sœurs. Il est une sorte d’école où les jeunes apprennent à se connaître, à s’accepter et à s’aimer. Nous insistons toujours sur le fait que « l’amour se met plus dans les actes que dans les paroles ».

Nous incitons à l’esprit d’initiative. Les jeunes travaillent en groupe pour diagnostiquer les maux de leurs milieux de vie et proposer des solutions sous forme de projet. Ils éprouvent de la joie à sentir utile à leur communauté. Il y a toujours de la joie à servir, à faire du bien aux autres. Ma joie aussi est de voir ces jeunes centrafricains heureux, surtout dans un contexte où l’inquiétude, l’anxiété, l’incertitude, etc. font partie du quotidien.

Parmi les activités menées par ces jeunes nous encadrons, il y a la sensibilisation des populations sur les questions de SIDA et de maladies sexuellement transmissibles. Nous les formons à la paire éducation pour qu’ils soient une conscience critique dans leurs milieux de vie et qu’ils incitent à la sexualité responsable par le témoignage de leur vie. L’éducation à l’amour et à la vie est aussi un lieu privilégié pour que les jeunes se connaissent eux-mêmes et travaillent à acquérir une certaine maturité psycho-affective, grâce à laquelle ils/elles ne seront pas victimes des influences négatives de leurs pairs. Ces jeunes sont connus sous le nom de Pairs Educateurs (P.E). Ils sont très bien connus dans la ville de Bangui à cause leur dévouement.

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Il y a aussi les activités de renforcement des capacités. Elles permettent aux jeunes d’acquérir des compétences de vie courante, des connaissances en informatique, en logistique, en résolution des conflits et paix, conseil psychosocial, en activités génératrices de revenus, en protection de l’environnement et hygiène publique. Ces activités ajoutent une plus-value aux étudiants qui ont toujours quelque chose de plus à offrir en plus de ce qu’ils reçoivent à l’université et les instituts supérieurs. De plus en plus, les jeunes que nous accompagnons prennent conscience de la nécessité de bien se former pour mieux rendre service à leur communauté. Ils/elles n’hésitent pas à tirer profit des formations en s’y investissant à fond. Je dis souvent que le degré de notre amour pour ceux que nous servons se mesure parfois dans le zèle et la détermination que nous avons dans l’acquisition des connaissances et compétences.

Enfin, nous avons les activités de formation spirituelle et d’initiation à la spiritualité ignatienne. Je reste convaincu que sans fond spirituel, nous ne pouvons pas aimer et servir. Le côté pratique de la spiritualité ignatienne permet aux jeunes de se connaître soi-même, d’être plus présents dans leur vécu quotidien, et surtout d’apprendre à prendre de bonnes décisions pour leur croissance personnelle et le bien du prochain. Je pense aussi que ce sont ces activités spirituelles qui nourrissent et ravivent la flamme de l’espérance en eux. D’ailleurs leurs témoignages disent assez de l’action de la grâce de Dieu qui transforme leur regard sur le monde et les pousse à vouloir poser des actes pour améliorer la vie de leurs concitoyens.

Je tire grand profit de cet apostolat social en milieu universitaire. En tant que jeune jésuite, je m’y forge une personnalité apostolique qui portera sans doute du fruit à l’avenir. Ma vie de prière motive et oriente mon engagement et mes expériences nourrissent ma vie de prière.

Charles SOMDA, SJ
Centre Catholique Universitaire
Bangui-RCA
[email protected]

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Publié par SJES ROME - Coordinateur de la communication in SJES-ROME
SJES ROME
Le SJES est une institution jésuite qui aide la Compagnie de Jésus à développer la mission apostolique, par sa dimension de promotion de la justice et de la réconciliation avec la création.

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